lundi 3 juin 2019

Plus devin que prévu !

Un devin exerçant haute magistrature 
Fit présage en ces mots d'un proche événement :
"La mer partout prendra de la température
Pressions, courants et flots dans un déchaînement 
Décupleront les champs de force en quadrature
Et la terre vivra l'anéantissement".
Aussitôt les savants en leur littérature
Babillèrent sur lui chacun abjectement 
Afin de faire ainsi du mauvais sort rature,
Sans omettre entre pairs de s'outrer fortement.
- "Permettez-moi d'émettre..."
S'enquit un un premier maître
Sans avoir crépité,
- "... mon avis dépité
Quant à tout ce battage
Ne servant qu'au lattage
De la bonne raison ! ... "
Vint sa péroraison
Aux frissons de panique
De la gent volcanique
Trouvant fastidieux
Autant qu'insidieux
L'étal de compétences
A seoir aux rouspétances.
L'air désapprobateur
Du second débatteur
Ne laissa pas de doute
Sur latente redoute(1)
Entre esprits cartésiens, 
Plutôt vents étésiens(2) !
- " Notre confrère est homme
A diviser l'atome
Si cela peut aider
Un rien son procédé,
Voilà sa maladresse !
Il faut manquer d'adresse
Pour fuir par vanité
Le port d'humanité
En barge(3) théorique
Sans souffle calorique !"
L'autre s'interposa
Son poing lui proposa
Cédant à la colère.
D'un coup un feu solaire
Se saisit des présents
Les rendant malplaisants
Les uns envers les autres
Tels des porcs qui se vautrent
Dans la boue, impuissants
Aux appels bruissants
De l'instinct, comme en transe,
Sourds à la remontrance !
Lors ce rassemblement
Prit fin minablement.
Cent fois se fut le cas exempt d'efficience 
De la moindre sagesse ou foi qu'il régissait.
Focalisant le point sur la géoscience
Peu nombreux furent ceux flairant qu'il s'agissait
En fait de l'Océan de leur propre conscience
Qui devant leurs excès de rage rugissait !

Marl'Aime, Poèmes de ma Vie - Fable 03/06/2019

(1) Sorte de fête, endroit public où l'on danse ou l'on s'amuse.
(2) Vents du nord qui soufflent dans la Méditerranée et tempèrent la chaleur de l'été pendant quarante jours environ.
(3) Embarcation plate avec une voile carrée.

10 commentaires:

  1. Bonjour Marlène. Voilà un poème que je goûte avec bonheur. Si seulement les hommes pouvaient prendre conscience que tout ce qui arrive est de leur faute et que si petit à petit la mer avance, les tsunamis déferlent, les vents rugissent, c'est à cause de leur fichue manie de se croire les plus fort et d'être bien trop longs à réagir face à ces menaces terribles. Il y eut de nombreuses mutations géologiques au cours des siècles mais celle qui se prépare est de la faute de l'homme avant tout. Merci de réveiller un peu ces vieux cons qui ne voient pas plus loin que le bout de leur nez.
    Je t'embrasse.

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  2. Bonjour Marie,
    Merci de goûter si vite au piquant de ma fable, encore pour dénoncer malheureusement mais les jours se suivent et se ressemblent tant avec leur lot d'absurdités qu'il faut que j'évacue et ces courants racistes qui montent montent, indignes de la France et de sa belle devise ! Nous ne la méritons plus. Je suis si dépitée...
    Des bisous

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  3. Oui,la rage monte et les océans de toute sorte grondent!
    Océan tout court, océan de vagues humaines en quête d’accueil, océan de tristesse, océan d'égoïsme, Les tsunamis abondent et on les ignorent...
    Merci pour cette fable...

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  4. Bonjour Marie,
    Oh que oui ! Cela me procure tellement de bien d'être comprise ici par vous tous, je me sens moins ésseulée quand je lis vos commentaires.
    Milles merci chère Marie

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  5. Quel poème tout en beauté et en fleur, fin et pénétrant. Tu mets dans tes mots tant de clarté et de sagesse qu'il faudrait être poire et malotru pour ne pas y croire.

    PS:
    Oh! comme je suis désolé chère et merveilleuse amie Marlène, de ne pas être disponibles sur la blogosphère même si je passe de temps à autres pour m’y ressourcer. J’ai lu tous tes sympathiques commentaires qui sont aussi beaux les uns que les autres et j’en suis très touché et flatté. Les circonstances de mon absence sont dues à différentes raisons : familiales et personnelles. Je te remercie du fond du cœur pour tes passages qui, à chaque fois que je te lis, je ressens de l’admiration et beaucoup de gratitudes. Ton amitié me touche beaucoup.
    Un petit poème pour toi :
    Amie au grand cœur constellé de bleue lumière
    Ta beauté d’âme ravit et chavire
    Tes ailes étendues dans le ciel immense
    Brassent les étoiles dans la nuit chantante
    Et apportent bonheur et sourires aux anges de la terre.

    Je t’embrasse mon amie Marlène et merci pour tout.

    « Un jour, un jour couleur bleu azur, je reviendrais apporter mes arcs en ciel »

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    1. Bonjour Bizak,
      Merci pour tout, d'abord ton message, puis tes éloges, après tes excuses, ensuite ton poème... tout me réjouit car je suis si heureuse de te lire... enfin... J'espère que le ciel t'aidera à trouver le chemin de la Mer de la tranquilité !
      Bon week-end, je t'embrasse aussi cher Ami Poète

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  6. bonsoir chère marlène, quelle exquise révolte si réaliste pourtant , mais ta plume a su l' embellir sublimement , mes félicitations pour cette merveille , belle fin de soirée , mes amitiés

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    1. Bonsoir Iris-Véronique,
      Tes si charmants commentaires me mettent le coeur en joie et me rendent bien fière, merci beaucoup.
      Pour moi, à présent c'est bonne nuit
      Amicalement

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  7. Bonsoir Marlène,
    Eh bien quelle verve durant mon absence ! Ça sent non seulement le vécu mais la sincérité, la colère sous-jacente et l'art de la parfaite maîtrise des codes de la belle poésie ! Waouh que j'aimerais en écrire autant !
    Mille bravos mon amie.
    Je t'embrasse.
    Annie

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    1. Bonsoir Annie,
      Comme tu es généreuse avec moi et vraiment ton commentaire m'honore immensément. Il est vrai qu'en ce moment j'ai beaucoup de colère et je m'en suis rendue compte alors je vais fuir "le côté obscur de la force" poétique à présent car il n'est pas très constructif dans ma vie quotidienne. Encore merci de tes mots sous ma fable, j'en suis encore toute émue.
      Je t'embrasse bien fort

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